Editorial
Histoire d'une poule qui couve l'œuf de Colomb
Pour lutter contre la pauvreté et conserver le niveau de prospérité actuel, la croissance économique est indispensable. La majeure partie de l'énergie dont nous aurons besoin à cet effet durant les prochaines décennies proviendra des combustibles fossiles. Si nous voulons réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous ne devrons pas uniquement apprendre à utiliser l'énergie de façon plus efficace, mais nous devrons également développer des technologies innovantes dans le domaine de l'énergie.
Comment nous y prendre? Et lorsque nous aurons élaboré de telles technologies, comment pourrons-nous veiller à ce qu'elles soient commercialement applicables à grande échelle, c'est-à-dire au niveau mondial? Peuton imposer cela avec des lois et des subsides ou faut-il être patient et attendre que la science découvre des solutions adéquates et abordables sans faire pression sur les chercheurs?
ExxonMobil pense que pour préserver la qualité et les chances de réussite de la recherche fondamentale, il vaut mieux accorder du temps et de l'espace aux chercheurs, et éviter d'imposer d'avance une solution éventuelle. La recherche fondamentale est comparable à une poule qui couve ses œufs. L'oiseau garde plusieurs œufs au chaud; certains éclorons et seuls les oisillons les plus forts survivront. Et il est de bon sens de ne pas déranger une poule qui couve. Il n'est pas plus intelligent de frustrer la recherche par des exigences contraignantes qui pourraient éliminer des solutions, qui au départ semblent peut-être irréalistes, mais qui en fin de compte pourraient bien être l'œuf de Colomb.
Un projet de recherche scientifique à grande échelle qui vise à assurer l'approvisionnement en énergie à (très) long terme et simultanément à réduire les émissions est le Global Climate and Energy Project(GCEP) de l'Université de Stanford en Californie. Ce programme se distingue par toutes sortes de solutions. Des sources d'énergie alternatives, mais également le stockage de CO2, qui se libère lors de l'utilisation des combustibles fossiles, sont examinés sérieusement. Ce projet auquel participe actuellement également des instituts de recherche européens renommés, tels que l'Université Technique de Delft et le Energieonderzoek Centrum Nederland.
Est-ce que cela suffit? La réponse est non. Il nous faut commencer des à présent. Nous pourrions aujourd'hui déjà éviter l'émission de millions de tonnes de gaz à effet de serre en gaspillant moins d'énergie et en augmentant le rendement des méthodes traditionnelles de production d'énergie. A plus long terme, nous devons continuer à développer des moteurs de plus en plus performants, des carburants qui polluent moins l'atmosphère sans pour autant nuire à notre potentiel de croissance économique. L'optimisme est de mise à cet effet. N'oublions pas que toutes les réalisations technologiques ont jadis été imaginées dans un petit coin solitaire d'une chambre d'étude ou d'un laboratoire, où des scientifiques talentueux, créatifs et persévérants se sont battus pour quelque chose qui à l'origine semblait irréalisable.
Et il y a au moins une chose dont nous sommes certains, c'est qu'il en sera toujours ainsi.
Anton Buys
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