Editorial
Faire le bon choix plutôt que s'éparpiller
Une entreprise qui n'investit pas dans son avenir ne survivra pas bien longtemps. Une partie du bénéfice de l'entreprise doit être réservée à l'innovation et à la croissance pour tenir tête à la concurrence, non seulement aujourd'hui, mais également demain et de préférence après-demain.
Dans quoi investir? Dans les activités et les moyens de travail qui seront les plus rentables bien sûr. Les meilleurs entrepreneurs sont ceux qui jouent mieux que leurs concurrents à ce jeu d'investissements. L'argent destiné aux investissements ne peut en effet être dépensé qu'une seule fois. Ils se focalisent donc sur les activités dont ils espèrent le plus de rendement. Pour détecter ces activités, ils doivent non seulement bien connaître le marché, mais également faire les bons choix. Et pour cela, il faut d'une part une bonne calculatrice, et d'autre part un excellent flair et surtout du bon sens.
Logique direz-vous. Mais si c'est si logique, pourquoi la pratique est-elle si souvent opposée à la théorie? La principale raison est qu'il est très difficile de faire des choix intelligents. Les entreprises ont d'ailleurs un avantage dans ce domaine: la discipline du marché. Elles doivent choisir de manière sélective et critique, car faire le mauvais choix, ou ne pas en faire, peut mettre l'existence de l'entreprise en péril.
D'autres acteurs de la société n'ont souvent pas cet avantage. Des associations qui représentent certains intérêts ne doivent en général pas se faire de soucis quant à la rentabilité ou à la faisabilité de leurs projets. Les autorités également ont les moyens de se disperser. Tout ce qui contribue à réaliser leurs objectifs est bon. Si cela tourne mal, il suffit d'imaginer autre chose. Leur pérennité n'est pas en danger. Des mesures et des subsides environnementaux en sont des illustrations. Pour protéger l'environnement ou en améliorer la qualité, il est possible de proposer toutes sortes de mesures et d'investissements. Les mouvements pour la protection de l'environnement et même les gouvernements s'y donnent à cœur joie.
Il est pénible par contre de devoir constater que chaque euro qui a été consacré à une mesure ou à un projet n'est plus disponible pour autre chose. Consacrer de l'argent à des procédés existants et efficaces pour les économies d'énergie génère, en termes de limitations des émissions, considérablement plus que de subsidier des éoliennes non rentables. Dès lors à quoi faut-il consacrer ces euros? Poser la question, c'est y répondre.
Nous devrions considérer les problèmes de société de la même manière que les opportunités d'investissement. Examinez d'abord les résultats escomptés des mesures de gestion envisagées. Soyez critique et raisonnable quand à l'estimation des rendements. Faites finalement un choix et tenez-vous y, à moins que le rendement soit (fort) inférieur aux attentes.
Faites le bon choix plutôt que de vous éparpiller.
Anton Buys
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