Media: Les biocarburants et l'augmentation du prix de la bière
En février et mars, des rumeurs alarmantes pour les consommateurs de bière sont parues dans la presse. Les amateurs de bière constateront les prochaines années une forte hausse du prix de leur breuvage préféré. Le 5 mars dernier, le Financieele Dagblad a publié un article à ce sujet sous le titre Les biocarburants repoussent la bière suite à l'annonce que le producteur d'alcool Nedalco va investir 150 millions d'euros dans la construction d'une usine de biocarburants à Sas van Gent en Zélande. Cet investissement permettra à l'entreprise de doubler sa capacité de production d'alcool et ce, pas pour fournir des matières premières aux marchés traditionnels tels que l'industrie cosmétique et chimique, les brasseries et les distilleries, mais pour profiter de la demande croissante en biocarburants, dans ce cas le bioéthanol. La politique gouvernementale en est la cause. Il faut en effet ajouter de plus en plus de bioéthanol à l'essence. Ce pourcentage augmentera rapidement au cours des prochaines années, selon les directives européennes jusqu'à 5,75% en 2010.
Nedalco n'investit pas dans les méthodes de production traditionnelles, qui transforment des cultures telles que le maïs, le colza ou les betteraves sucrières en biodiesel ou en bioéthanol, mais dans des biocarburants de la seconde génération, pour lesquels le producteur utilise des déchets organiques, dans ce cas des restes de blé. Cette génération est prometteuse, parce que la production ne se fait pas au détriment de cultures alimentaires. Cela a deux avantages: l'approvisionnement en nourriture de la population mondiale en croissance constante n'est pas lésé et l'équilibre environnemental est également meilleur étant donné qu'il ne faut pas utiliser des terrains agricoles existants, qui extraient déjà du dioxyde de carbone de l'air sans production de biocarburants. C'est pourquoi, les autorités ont prévu un solide réserve pour subsidier des innovations technologiques en vue de la production de biocarburants à grande échelle. Les brasseurs et les distillateurs de genièvre suivent cette évolution avec dépit, car les maigres quantités d'alcools trouvent plus facilement le chemin du secteur des biocarburants subsidiés que celui des clients traditionnels qui doivent survivre de leurs propres forces.
L'innovation à la base des plans de Nedalco est une invention de l'Université Technique de Delft: de la super-levure. Elle serait puissante à tel point que la production de biocarburants à partir de matières premières telles que du papier, de la sciure de bois et de l'herbe deviendraient commercialement intéressantes.
Le Volkskrant du 1er mars a publié un article enthousiaste sous le titre éloquent "Le saint Graal se trouve dans un petit pot anodin". Le docteur Jack Pronk, fort enthousiaste de sa recette secrète, montre avec fierté la levure au journaliste, un liquide blanc dans un pot en verre et il n'hésite pas à faire la comparaison avec les vols vers la lune: "Peu de gens croyaient alors qu'à la fin de la décennie les premiers humains mettraient un pied sur la lune. Mais les EU y sont arrivés."
Au demeurant, les brasseurs constatent que même sans ces innovations, le marché des biocarburants a le vent en poupe. Dans le Telegraaf du 22 février, René Hooft Graafland, le responsable financier de Heineken, s'en plaint. "Les autorités ont appelé à utiliser des biocarburants, mais ils n'ont pas réfléchi aux conséquences pour l'industrie alimentaire et de boissons." Elle doit en effet payer plus pour ses matières premières du fait que l'agriculteur reçoit plus pour ses végétaux chez les producteurs de biocarburants. Conclusion: la bière augmente de prix.
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