Energie renouvelable
Les vents contraires viennent de toute part
Où la Belgique devrat-elle trouver son électricité dans quelques années? Le pays est actuellement confronté à deux problèmes: le premier est la menace du manque de capacité de production d'électricité, le second, la nécessité de produire de plus en plus d'électricité verte pour répondre aux objectifs actuels et futurs de réduction de CO2.
Le 12 avril, dans une interview avec le journal De Tijd, Gilbert Asselman, directeur de la raffinerie ExxonMobil à Anvers, expliquait que deux méthodes écologiques de production d'électricité se distinguent en vue de satisfaire aux besoins en électricité et de réduire les émissions de CO2: la combustion de biomasse et la construction de centrales de cogénération à faible consommation en énergie. La première est bien plus efficace pour réduire les émissions de CO2 que la production de biocarburant, déclare Gilbert Asselman. Le remplacement des carburants traditionnels par des biocarburants tels que l'éthanol coûte au moins 120 dollars par tonne de dioxyde de carbone épargnée, la conversion vers la biomasse ne coûte pas plus de 40 dollars.

Que fait la Belgique dans ce domaine? Un jour après l'interview de Gilbert Asselman, le même journal publiait dans un article que la cogénération se mettait bien trop lentement en route. 55% seulement des objectifs ont été atteints en 2006 affirme De Tijd. Cette année 3,75% de l'électricité en Flandre devrait être produite par des centrales de cogénération, un objectif qui peut être atteint si l'on achève quelques projets de construction. L'année prochaine, la nouvelle centrale de cogénération d'ExxonMobil à Anvers s'y ajoute de toute façon.
En ce qui concerne l'électricité verte, la Flandre respecte le planning; cette année 3,75% de l'électricité doit provenir de sources renouvelables. Remarquable, mais pas vraiment étonnant est le fait que la part de l'énergie éolienne reste faible, seulement 20%. Malgré l'assouplissement de la loi, De Tijd signalait le 15 mai qu'il y a peu de demandes de construction qui sont introduites. L'instance de régularisation flamande pour le marché du gaz et de l'électricité en connaît la raison: "Vous ne maîtrisez jamais le vent, la biomasse bien".
Les difficultés rencontrées par l'énergie éolienne sont parfaitement illustrées par les obstacles que doit vaincre le consortium d'entreprises C-Power pour pouvoir construire un grand parc à éoliennes de 300 mégawatts en Mer du Nord. Le journal flamand De Morgen a énuméré toutes ses misères dans un article de fond paru le 23 mai. "Des bourgmestres désabusés, des oiseaux migrateurs, le lobby nucléaire, des démêlés juridiques, Electrabel, ... Les vents contraires ont soufflés vraiment de partout les huit dernières années." Mais à présent, une pelle peut enfin être enfoncée dans le sol, ou plutôt dans l'eau. Les prochaines années, soixante turbines d'un nouveau type qui livrent chacune une puissance de cinq mégawatts feront leur apparition sur le banc de sable Thornton. "De ce fait, nous ferons un saut en avant énorme dans le domaine de l'énergie éolienne", affirme Bart Martens, le spécialiste en énergie des socialistes flamands. Il s'agit d'une "nouvelle technologie qui contient un potentiel formidable pour le monde entier".
Six cent mille Belges, soit les habitants de toutes les communes de la côte plus Bruges, pourront être ainsi approvisionnés en énergie. Mais avant cela, il faudra encore adapter le réseau de haute tension belge. De nouvelles lignes aériennes devront être installées en Flandre-Occidentale. Non seulement tout cela coûtera fort cher, mais il en résulte également des problèmes environnementaux. Luc Willems, porte-parole de l'énergie du parti libéral Open VLD, est plus sceptique que son collègue socialiste quant à l'engagement à grande échelle d'énergie éolienne. "Deux problèmes écologiques s'opposent: l'aménagement du territoire et le réchauffement climatique."
Et finalement, le climat ne s'en portera pas beaucoup mieux. Pour protéger le climat, même dans le meilleur scénario, l'apport de l'énergie éolienne est insuffisant. Pour en revenir à Gilbert Asselman qui résumait l'opinion d'ExxonMobil à ce sujet en une seule phrase: "C'est la technologie qui reste la clef pour solutionner les problèmes climatiques et pas tant le fait de nous convertir vers les sources d'énergie renouvelables.
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