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Soulever, Lever, Hisser, Elever

Gestion des opérations lourdes de levage et de transport

Le déplacement de colosses tels que les tours de distillation ou les réservoirs de stockage s'avère parfois indispensable pour leur remplacement ou leur maintenance. Toutefois, déplacer une superstructure de sept cents tonnes n'est pas une mince affaire. Pour des opérations d'une telle envergure, ExxonMobil emploie les grands moyens. Mais jamais avant d'avoir élaboré un plan de travail détaillé. La sécurité est primordiale.

TEXTE ROB VISSERS | PHOTOS SJAAK VAN DER STEEN

Sjaak van der Steen, Rigging Specialist d'ExxonMobil, est expert dans l'art du transport vertical et horizontal. En poste à la raffinerie de Rotterdam, il intervient dans toute l'Europe. Si le déménagement de A à B d'un dispositif hors norme s'impose, il est de la partie. "Les travaux qui réclament le plus d'attention sont les projets de construction et les grands entretiens périodiques des usines", explique M. Van der Steen. Avec ses collègues, il évalue les plans de transport des installations. "Chacun d'entre nous analyse si le projet satisfait à toutes les exigences et en premier lieu aux normes de sécurité envers les personnes et les installations." En outre, M. Van der Steen donne des conseils à ses collègues. "Je pars du principe que chaque problème a sa solution", dit-il en souriant. "C'est le défi que nous devons relever".

Transport sur mesure | "A la raffinerie, nous ne disposons que de petites installations de levage", souligne M. Van der Steen. "Il s'agit de quelques grues automobiles de chargement, de petites grues mobiles de levage et de grues stationnaires dans les entrepôts qui se déplacent horizontalement sur des poutres d'acier. C'est pourquoi, lors de grandes opérations, nous louons du matériel de levage et de transport à des tiers, par exemple des chariots à plateforme modulaires construits sur mesure en fonction de la tâche. Pour le transport fluvial ou maritime, nous employons des pontons et des installations de levage flottantes que l'on nomme bigues flottantes. Les opérations de levage s'effectuent au moyen de grues fixes ou mobiles". Les préparatifs d'installation de grandes machines débutent parfois plusieurs années à l'avance. "Il nous arrive souvent de devoir réserver les grandes grues deux ans à l'avance. Et bien sûr, les installations doivent d'abord être fabriquées".

Emplacement dangereux | Plusieurs parties sont impliquées en cas de travaux de levage. Une opération d'envergure requiert trente à quarante personnes détachées par les fournisseurs de grues, des bureaux d'ingénieurs et les départements d'Exxon- Mobil. L'usine concernée fournit des collaborateurs des départements Engineering, Process, Technical et Safety. "La sécurité est une priorité absolue. "Si la sécurité n'est pas garantie, nous ne commençons pas, telle est notre règle de conduite." Au demeurant, les risques éventuels n'ont aucun rapport avec la masse des éléments à déplacer. "Que l'objet à hisser pèse cent kilos ou une tonne est en soi sans importance", déclare M. Van der Steen. "Le risque n'est pas lié au poids, mais à l'endroit où se situe l'objet." Il explique: "Imaginez que vous devez remplacer une soupape de sécurité de cinquante kilos montée sur une tour. Une telle soupape laisse par exemple s'échapper une vapeur brûlante lorsque la pression interne devient trop élevée. Cette situation est plus dangereuse que la dépose d'un titan de cinq cents tonnes sur l'accotement d'une chaussée isolée".

limitation des risques | Pour limiter les risques au maximum, ExxonMobil applique diverses procédures et règles de sécurité. "Il est capital de mesurer la force qu'une machine exerce sur son assise. A la raffinerie, elle ne peut pas dépasser dix tonnes par mètre carré. Pour réduire cette pression, il suffit de placer l'objet sur des plaques d'appui qui en répartissent le poids. En cas de transport d'un dispositif par la route, le code de la route résout le problème: aux Pays-Bas, la charge maximale par essieu ne peut excéder douze tonnes. Nous nous livrons tout de même à une nouvelle vérification à l'arrivée. Nous contrôlons aussi l'état des sols par l'émission d'ondes ultrasoniques qui permettent de déceler des cavités éventuelles. En outre, nous dressons un inventaire des risques en accordant une attention particulière au risque d'explosion et aux substances toxiques. A l'intention du personnel externe employé dans nos usines, nous organisons la projection d'un documentaire présentant toutes les informations pertinentes sur le plan de la sécurité. De plus, comme bon nombre d'entreprises du Botlek, nous sommes membre de l'association Deltalinqs qui a normalisé de nombreuses procédures".

<Il reste de nombreux facteurs sur
lesquels nous n'avons aucune prise.>

Improvisation | En dépit de toutes les mesures de précaution, il reste de nombreux facteurs sur lesquels nous n'avons aucune prise. "Comme le vent", nous confie M. Van der Steen. "C'est pourquoi nous surveillons de près la météo. Généralement, nous apprenons quelques jours à l'avance qu'une tempête se prépare. Si la force du vent atteint huit à neuf sur l'échelle de Beaufort, nous déposons les grues de levage dont le mât s'élève parfois à deux cent cinquante mètres. Les grues mobiles ordinaires s'utilisent jusqu'à sept Beauforts. Par temps d'orage, nous mettons tout à plat. La foudre est un danger que nous voulons éviter à tout prix". Dans la pratique, surviennent aussi quantité d'événements inattendus. Il faut alors improviser. "C'est l'un des aspects les plus passionnants de mon travail. Le remplacement d'une ancienne tour de distillation constitue un excellent exemple. Alors que nous voulions treuiller cette tour, nous nous sommes aperçus que les œillets en acier pour attacher les câbles avaient été sciés. Alors, nous avons utilisé comme point de fixation un trou d'homme situé dans le haut de la tour et nous avons soudé ailleurs une autre installation de trou d'homme. Simple, mais efficace".

Vertige | M. Van der Steen se rend assez régulièrement au sommet de mâts. Pour se livrer à cet exercice, il ne faut pas avoir le vertige. Il se souvient d'avoir dû grimper à une altitude de 70 mètres dans un petit ascenseur. "Le vent soufflait très fort et je devais me rendre au sommet du mât pour mesurer la vitesse du vent. Un responsable de la sécurité de la raffinerie me demanda s'il pouvait m'accompagner. Mes collègues et moi, nous nous étions rendu compte qu'il était plutôt frimeur. Je l'ai donc invité à me joindre et j'ai glissé à l'oreille du machiniste qu'il pouvait accélérer légèrement. Alors que notre cabine oscillait à une altitude de trente mètres, il me demanda de redescendre rapidement sur le plancher des vaches." Sjaak van der Steen en rit encore de bon cœur en précisant toutefois que toutes les consignes de sécurité avaient été respectées".

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