Une expédition virtuelle dans un camionDes écoliers font connaisance avec les géosciences Depuis avril de cette année, le Geotruck est en tournée pour visiter les écoles néerlandaises et flamandes. Il s'agit d'un local de classe hyper moderne et interactif qui a entre autres pour but d'intéresser les écoliers à des études en géosciences. ExxonMobil est un des sponsors de ce projet car cette science devra veiller aux découvertes technologiques dont nous aurons besoin afin d'approvisionner la terre en énergie dans le futur. TEXTE JOKE HENSEN | PHOTOS WILLEM BLAUW Une vingtaine d'élèves d'une école secondaire des environs de Rotterdam s'agglutinent devant la porte fermée du gigantesque camion. Ils reçoivent les dernières instructions. Puis les portes s'ouvrent et leur expédition virtuelle commence. Les géoscientifiques en herbe se regroupent autour de trois globes terrestres plus grands qu'eux qui remplissent l'espace. Le professeur de biologie se tient en retrait. Lorsque les portes se ferment, les élèves se trouvent dans la pénombre. Une musique adéquate met tout le monde dans l'ambiance voulue. Des écrans vidéo s'allument. Une voix répète les missions secrètes qui doivent être accomplies.
Elsbeth (16), Hanny (16) et Patrick (17) forment ensemble une équipe. Ils ont opté pour le thème de la terre et du climat. Leur mission est de veiller à ce qu'Arnold Ruijs, paléontologue et climatologue, arrive à temps pour assister à une importante conférence des NU sur le climat et l'aider à préparer son exposé sur les conséquences des changements climatiques du passé. Les trois saisissent le sac à dos qui pend à un mur et qui contient les instruments dont ils ont besoin. Avec un aimant, ils glissent sur le globe. Lorsqu'ils touchent l'endroit exact, le globe terrestre s'ouvre et un écran apparaît. La véritable lutte est entamée. Tandis que l'un prend des mesures, l'autre tente de trouver rapidement les coordonnées d'un aéroport. Ils examinent des échantillons à la loupe et répondent aux questions. La concentration est au maximum. Finalement, ils trouvent le code. Mission accomplie! Influencer des listes de préférences | "C'était amusant, mieux qu'un cours normal", est la réaction d'Elsbeth lorsqu'une demi-heure plus tard son équipe sort la première. Patrick raconte que le climat et les changements climatiques l'intéressent fort. "On le remarque bien: les étés sont de plus en plus chauds. On en parle beaucoup aux nouvelles et on y accorde également beaucoup d'attention dans les cours." Le sujet les intéresse donc. Mais il n'est pas encore sûr que la leçon influencera leur choix d'étude. Aucun des trois ne sait clairement ce qu'il veut étudier dans un an. Une chose est sûre: les géosciences ne sont pas encore en tête de leur liste de préférences.
C'est pourtant un des objectifs du projet élaboré par TNO Bouw en Ondergrond et la faculté de géosciences de l'Université d'Utrecht. Emile Elewaut de TNO est un des initiateurs du Geotruck. Quels résultats en attend-il? "Un projet similaire en Allemagne a fourni finalement vingt pour cent d'élèves supplémentaires en géosciences. Grâce au grand nombre d'écoliers atteint par le Geotruck et toute la publicité qui l'entoure, nous devons au moins égaler ce pourcentage. Nous prévoyons qu'en un an quelque 18.000 élèves des classes supérieures de l'enseignement secondaire participeront à la compétition EarthQuest." Pour pallier à la forte augmentation des postes vacants, un grand nombre de jeunes géoscientifiques sera nécessaire. Actuellement, trois cents étudiants de première année se présentent en moyenne pour ces études dans les universités d'Amsterdam, Utrecht, Delft et Wageningen. En Belgique, il y en a environ cinquante. Selon Emile Elewaut, ce manque d'intérêt provient principalement de l'image que les écoliers se font des sciences géologiques. "Beaucoup pensent encore qu'il s'agit principalement de la recherche de pétrole et de minéraux. Mais actuellement, cette science couvre un domaine bien plus vaste et elle a des points de contact avec de nombreux défis sociaux actuels."
Réfléchir à notre planète Terre | Cela nous mène à l'objectif principal du Geotruck: faire réfléchir et impliquer les jeunes de manière ludique aux problèmes mondiaux tels que le changement climatique, l'énergie, l'eau, l'usage de l'espace et des matières premières et la surpopulation. Les Nations Unies ont déclaré 2008 l'Année Internationale de la Planète Terre (IYPE). Le Geotruck forme la figure de proue des activités organisées cette année par Mijn Aarde, la branche néerlandaise de IYPE. Outre les visites aux écoles, le camion sera également présent à d'autres endroits. Entre autres durant les six conférences de table ronde qui auront lieu en 2008 concernant des thèmes relatifs à l'Année de la Planète Terre. Le concours EarthQuest qui se joue par classe durant la tournée se poursuivra sur internet plus tard dans l'année. Revenons à notre école de Rotterdam. Elsbeth, Hanny et Patrick attendent avec impatience les résultats avec leurs camarades de classe. Des cris s'élèvent. Youpi! Ils sont en première place! Mais le combat ne fait que commencer. Durant la finale nationale, la meilleure classe se battra pour le premier prix: une expédition au Pérou. L'équipe d'encadrement regarde avec satisfaction. Dorien (20) étudie les sciences géologiques techniques à l'Université Technique de Delft. Willard (22) est étudiant en sciences de communication à l'Université d'Utrecht et Nihed (27) fait un doctorat en géophysique. Ils se sont portés volontaires pour guider la visite au Geotruck, répondre aux questions et aider les élèves à réussir leur mission. "Les élèves lisent mal", se plaint Dorien. "Ils commencent déjà avant de savoir ce qu'ils doivent faire. Et du fait qu'ils n'ont pas écouté la question, ils ne peuvent pas déduire la réponse exacte des textes parlés." <Un avenir en or attend les jeunes qui Un avenir en or | La concentration avec laquelle les élèves accomplissent leur mission et leurs efforts démontrent bien que le sujet les intéresse. "Mais admettre à leurs camarades qu'ils trouvaient cela amusant est autre chose. Je ne l'aurais pas non plus fait à leur âge", sourit Willard. Il a été concerné par le projet lorsque le concept y était déjà. Il a cependant participé à l'élaboration du jeu. Cela s'est fait en concertation avec des scientifiques de l'Université d'Utrecht, de l'Université Libre de Wageningen et des collaborateurs de TNO . Le résultat est une reproduction fidèle de la réalité, confirme Nihed. En tant que collaboratrice à l'Université Technique de Delft, elle s'occupe normalement du développement d'instruments pour étudier les structures du sol. En raison des prix élevés du pétrole, il est devenu rentable d'attaquer des sources qui étaient auparavant économiquement non intéressantes. Elle déclare: "Les jeunes qui optent pour cette branche peuvent s'attendre à un avenir en or. Il y a du travail à profusion pour eux dans des compagnies pétrolières et d'énergie, mais également dans de nombreux bureaux de conseils et d'études. Le nombre d'étudiants est relativement faible et de plus, ce sont pour la majeure partie des étrangers.
Dorien constate cependant que les géosciences ne sont pas le premier choix de la majeure partie des élèves qui visitent le camion. Sa préférence allait également à des études médicales. Mais elle n'a pas été choisie lors d'une loterie et sur insistance de ses parents, elle a recherché des alternatives sur internet. Finalement, elle est tombée sur les sciences géologiques techniques, une branche qui se situe à la limite de la nature et de la technique. A son avis, un choix qui s'est révélé particulièrement heureux et passionnant après-coup! La faculté est petite et donc conviviale. Et il est quasi garanti de trouver un boulot ensuite. La pause se termine et un nouveau groupe d'élèves attend devant le camion rouge vif. Nihed s'adresse à eux. Les portent s'ouvrent et se ferment. La musique résonne... Pour plus d'information sur le Geotruck, rendez-vous sur http://www.geotruck.nl/ |